Paris,
1937. Trois pilotes font connaissance au cours d'un meeting aérien.
Ils deviennent amis et adversaires, sur fond de guerre d'Espagne, de front
Populaire, de projet de création d'un foyer juif en Palestine,
de bruits de bottes outre-Rhin.
Qui est vraiment Ari Pulsinstszki, séduisant apatride qui règne
sur le tout Paris ? Dans quoi embarque-t-il Philippe Bretenoux de Linac,
noble désargenté ?
Le commissaire Leblanc, qui enquête sur de mystérieux cambriolages
commis dans des ambassades et à l'Elysée, trouvera-t-il
à temps la clé de l'énigme ?
Mermoz, Kessel, Saint Exupéry, Lord Balfour, Molotov, de Gaulle,
et bien d’autres personnages historiques croiseront la route de
nos héros.
Ce roman aéro-politico-policier, plaira aux pilotes et aux passionnés
d'aviation, aux amateurs d’Histoire, à toutes celles et tous
ceux qui aiment se plonger dans les aventures les plus rocambolesques
dont les héros leur rappellent les histoires de leur enfance.
Jan Tutaj est pilote professionnel. Il pilote également
un Bücker Jungman, avion école des années 30, qu'il
présente de temps en temps en meeting.
Après "Artisan pilote"
dans lequel il raconte des souvenirs de 30 ans d'aviation, et "Contes
à tire d'ailes", un recueil de contes aéronautiques,
Jan Tutaj signe là son premier roman, qui se déroule, bien
entendu, dans un cadre aéro, et dans la période troublée
des années 30, alors que couve le second conflit mondial.
"Le bal des breloques",
de Jan Tutaj
224 pages - 15 euros
Ce roman est illustré de douze dessins originaux noir et blanc,
oeuvre de Frédéric Dubac, mécanicien au SEFA de Saint
Yan.
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Le bal des breloques, un roman de Jan Tutaj
224 pages, 12 dessins noir et blanc de Frédéric Dubac, 15 euros
"Irrévérencieux, rythmé, ce premier roman, n’a aucune autre prétention que de divertir, il y parvient aisément" Aérobibliothèque
"Un très bon roman aéro dévoré en une soirée, tellement c'était passionnant !" Jean de Pardieu (Bordeaux)
"La lecture est passionnante. Merci à l'auteur Artisan du ciel. On en redemande." Pascal Teil (Chavenay)
"Ce livre m'a mis depuis plusieurs jours dans l'ambiance d'une autre époque. Merci Jan pour ton bouquin qui me fait rêver." Fabien Camus (Clermont-Ferrand)
"J'ai entamé la lecture du plus que fameux "Bal". Je ne l'ai pas lâché, je viens de le terminer. Je n'ai qu'une chose à dire : Wouaouh!,et merci Jan pour m'avoir fait passer une telle soirée! Les lutins de la plume doivent également exister et il est certain qu'ils te couvent sous leurs bons auspices." Caroline Roberget
"Un
très bon roman aéro dévoré en une soirée,
tellement c'était passionnant ! Un grand bravo à Jan, ses
talents de conteurs font encore merveille, son style tour à tour
distingué et gavroche fait toujours mouche."
Jean de Pardieu, piloté privé (Bordeaux-Yvrac)
"La lecture est passionnante. Merci à l'auteur Artisan
du ciel, qui sait nous décrire et nous conter l'histoire de personnages
humains au sol. On en redemande."
Pascal Teil, pilote privé (Chavenay)
"Irrévérencieux,
rythmé, ce premier roman, n’a aucune autre prétention
que de divertir, il y parvient aisément tout en nous donnant une
vision effrayante et drôle de l’histoire à travers
un tout petit bout de lorgnette. Il reste un petit suspens bien ténu
tant on sait bien où veut nous mener l’auteur, mais voyez-vous,
on n’a qu’une seule envie : y aller et on en redemande...
vite ! Et tout s’enchaîne avec plaisir jusqu’à
l’énorme clin d’œil final.
On notera le travail soigné de l’éditeur qui nous
propose en plus du texte enjoué quelques illustrations au trait
de Frédéric Dubac qui rendent ce livre particulièrement
agréable. Avec ce troisième livre en moins d’un an,
Tutaj montre qu’il est un auteur particulièrement prolifique,
capable de jouer sur plusieurs styles, à se demander quand il a
le temps de piloter ses avions..."
Frédéric Marsaly, Aérobibliothèque.
* * *
"D’abord, le
bruit ! Ce bruit sourd des moteurs qu’on pousse à leur maximum,
et aussi ce bruit exquis des engins qui ratatouillent à bas régime,
quand les avions roulent lentement, leur hélice presque visible
à l’œil nu, qui semble s’arrêter parfois
comme pour saluer une tête connue.
Le bruit encore, de la foule heureuse qui crie, hurle, s’enthousiasme
aux exploits de ses héros d’un jour, les cris des enfants
qui courent dans tous les sens pour être sûrs de voir de près
ceux qui hantent les colonnes des journaux, Doret, Détroyat et
les autres ténors de la voltige, de l’acrobatie comme on
dit plus souvent. On dit même que Udet, l’allemand sera là,
et Fieseler aussi !
Le bruit enfin, des avions qui passent sans interruption, seuls ou par
paquets de deux ou trois, cette patrouille qui semble défier le
ciel, et ces deux là attachés par une corde légère,
stupéfiants de synchronisation ! Le bruit aussi de cette musique
américaine, le Jazz, qui honore la visite de Rickenbacker, l’as
américain de l’escadrille Lafayette.
(…)
Il y a quatre ans, en 1933, l’armée de l’air a été
officiellement créée, et depuis tous les ans au mois de
Mai, se déroule le plus grand meeting aérien de France,
ouvert au public, avec démonstrations diverses et aussi concours
d’acrobatie, ouverts seulement aux pilotes médaillés
Français et Alliés et aux pilotes étrangers invités,
parfois ex-adversaires.
Cette année, c’est à Buc, que la fête se déroule
et on attend avec impatience les empoignades célestes de nos gladiateurs
motorisés, d’autant que des noms nouveaux sont apparus sur
la liste des candidats. C’est une fête populaire et mondaine
très courue, alors que Paris ne bruit que des succès du
Front Populaire et des mystérieux et surprenants cambriolages,
très audacieux et ciblés, qui se produisent depuis un an
dans le quartiers des ambassades et des ministères.
Beaucoup de biplans, certains déjà assez anciens, d’autres
très récents, comme ce Bücker Jungmeister avec lequel
les Allemands comptent bien mettre tout le monde d’accord, des monoplans
à aile haute comme les Morane, chouchous d’un public assez
chauvin et quelques monoplans à ailes basses qui font se moquer
les « connaisseurs » du dimanche et plutôt rire jaune
les vrais spécialistes, conscients qu’une page de l’aérodynamique
est en train de se tourner. Il y a aussi trois Bückers Jungmann dont
les pilotes français et un anglais inscrits depuis peu sont inconnus
du public et des autres pilotes.
(…)
Beaucoup d’uniformes, de couleurs, de drapeaux qui claquent, de
« mon Commandant » « le Général Machin
», « mes respects mon Capitaine », les médailles
brillent et ce n’est pas par hasard, puisque un ordre discret et
non écrit fait savoir à chacun, que c’est une cérémonie
informelle « toutes médailles pendantes »… Et
il faut dire qu’il y a là du beau linge. La guerre est finie
depuis 19 ans et les tempes sont à peine grisonnantes de ces pilotes
qui y ont participé.
Il est 15 heures et un silence relatif et momentané se fait sur
le terrain, entre deux joutes. Derrière la foule, très nombreuse,
les hangars sont ouverts et on peut y voir le museau des avions qui y
sont garés, certains le capot ouvert, les entrailles visibles,
de tuyaux et de cylindres, pompes et réservoirs et autres ingrédients
qui servent à transformer l’essence en bruit, chaleur, énergie,
et plaisir.
Un très joli Biplan est décapoté à l’ombre
du hangar le plus proche du podium de l’animateur, qui s’égosille
depuis le matin. Un homme mince et élégant y est appuyé
et tend des outils à un mécanicien qui est couché
sous le ventre de la bête.
- Putain de clé de douze de bordel de merde !
Le juron a retenti si fort que la foule s’est retournée et
dévisage l’élégant fort penaud.
- Non, mais qu’est ce que c’est que ce cirque, il va m’entendre
ce coco là !
Un capitaine ventru et portant beau une moustache de cinéma, arborant
une jolie Légion d’honneur, rassure la foule et se dirige
d’un pas conquérant et bientôt vainqueur vers le hangar
espérant ainsi mater l’insolent et se faire mousser auprès
des Dames, choquées par la violence du juron, incapables qu’elles
sont de faire la différence entre la grossièreté
et la vulgarité. Arrivé devant l’avion, il s’adresse
à l’homme accoudé sur l’aile, vêtu bourgeoisement,
grand, fin, avec une tête de jeune premier ayant mûri.
- Non, mais qu’est ce qui vous prend de crier des insanités
pareilles, surveillez votre langage, vous aurez de mes nouvelles, où
vous croyez vous ? Et puis d’abord qui êtes vous, on avait
dit « médailles pendantes », où sont les vôtres
et quel est votre grade ?
- Ben des médailles j’en ai pas, à part le certif’,
et je suis, enfin, j’étais caporal, mais vous savez c’est
loin tout ça, et puis tant mieux, non ?
Le ton gavroche et l’accent des faubourgs irritent profondément
notre Capitaine qui tuerait père et mère pour faire partie
de la « haute » comme on dit dans son milieu rétréci.
Il donne un coup de pied dans ceux qui dépassent de dessous l’avion
- On va voir ça avec votre mécano, sors de la dessous toi
le graisseux, va falloir t’expliquer mieux que ton patron et crois
moi ça va barder !
Un tas de cambouis se lève et s’essuie les mains sur un chiffon
qui n’a pas été lavé depuis les offensives
Nivelle, les yeux bleu perçant, le regard agile, un nez busqué
qui rappelle celui de l’aigle.
- A qui ai-je l’honneur ? Une voix de baryton martin, claire et
éduquée, franche, sort d’une bouche rieuse.
- Non, mais bande de petits merdeux, vous savez à qui vous avez
à faire ? Capitaine Corbet, Légion d’honneur, 8 boches
abattus, ça vous en bouche un coin, hein mes gaillards !
Paaaaffff ! La gifle est partie d’un seul coup avec un élan
à peine préparé, un appui bien marqué, des
doigts juste appliqués où il faut, une vraie baffe, quoi
! Une de ces baffes éjaculatoires qui vous libèrent du poids
des choses et le transfère instantanément sur l’autre
avec estampille en plus ! Le capitaine se retrouve les fesses par terre,
la joue gauche rouge comme sa légion d’honneur, sonné.
- Mais, mais, qu’est ce que, qui vous a, mais je…
- Passe moi ma veste, Juju, tu veux bien ? Et toi Capitaine de mes fesses,
écoute moi bien : UN, je ne suis pas « le graisseux »
mais le pilote de cet avion et je mets la main à la pâte
aussi bien que mon mécanicien qui est venu aujourd’hui en
bourgeois parce que je l’ai invité et que c’est mon
ami. DEUX, je n’ai jamais abattu d’allemands et je ne n’en
porte pas plus mal cet insigne qu’on m’a remis en 18, et enfin
TROIS je m’appelle Philippe de Turenne Bretenoux de Linac et j’espère
bien te mettre une pilée cet après midi dans les airs à
la loyale, sur mon Bücker, comment tu le trouves, il est beau hein
? Et toi, tu concoures sur quel avion ?
- Mais je, enfin, Monsieur…
Il bafouille et se remet debout rouge de fureur, conscient que tout le
monde de loin a assisté à la scène et contemple sur
la veste que son adversaire a posée sur ses épaules, une
remarquable croix de Commandeur de la légion d’honneur."
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